Exposition d’icônes russes du XVI au XIX siècles a été ouverte dans le Centre spirituel et culturel russe


« PAQUES »
collection particulière
EXPOSITION d’icônes russes du XVIéme au XIXème siècle
6 Mars – 10 Avril 2018
De 14.00 A 19.00 TOUS LES JOURS (SAUF LUNDIS)
Cette collection a été réunie par des antiquaires d’origine serbe durant une période de cinquante ans, elle est composée d’une centaine d’œuvres d’art sacré russe, datant du XVIème au XIXème siècle. Cette collection est unique, elle a été constituée avec beaucoup de passion et connaissances professionnelles. Les œuvres de différents styles, écoles et époques illustrent parfaitement le développement de l’iconographie russe durant cinq siècles. Les icônes proviennent de collections privées européennes et américaines, cédées par leurs propriétaires directement ou à travers les ventes publiques.
Un grand nombre de ces icones peut être considéré comme de véritables chefs d’œuvre. La collection ne se définit pas uniquement par la diversité des styles, mais également par la richesse et l’étendue d son programme iconographique. En effet, elle comprend des représentations très largement connues, mais aussi des thèmes rarissimes, comme par exemple « L’entretien de Barlaam et Josaphat » datant du début du XVIIIème siècle, « L’archange Raphael combattant le tremblement de terre », « La Déposition des dons dans le trésor, parabole » du XIXème siècle.
Les œuvres du XVIème siècle constituent un groupe d’environ une dizaine d’icônes provenant de Moscou, Pskov, Vologda ou Russie Centrale et du Nord. Elles permettent de saisir la diversité et la richesse de la vie artistique dans la Russie de l’époque des tsars. Parmi les œuvres de Russie Centrale l’icône monumentale représentant un des Saints les plus vénérés en Russie – Le saint Évêque Nicolas le Thaumaturge entouré de seize scènes illustrant sa vie et ses miracles, surtout ceux de sauvetages en mer, est particulièrement intéressante. L’école de Pskov est représentée par deux œuvres « Les Saints Choisis » et la « Descente aux Limbes ». « La Vierge Hodiguitria avec saint Cyrille Belozerski » est une l’œuvre de Vologda. La région de Moscou est représentée par la « Dormition de la Vierge Marie » d’une écriture très fine et soignée caractéristique du règne du tsar Boris Godounov. Deux icônes représentant Saint Basile et Saint Jean Chrysostome provenant du Nord de la Russie sont particulièrement remarquables.
Le XVIIème siècle est très bien représenté, tant en nombre qu’en diversité ce qui permet de comprendre le développement de l’iconographie de cette période. Tous les grands centres de peinture d’icônes sont présents : Moscou, la région de la Volga et le Nord.
L’Esthétique moscovite
La ville de Moscou, à cette époque, n’est pas uniquement la capitale de la Russie, mais le véritable centre de la vie culturelle du pays. De nombreux ateliers d’icônes, qui attiraient les meilleurs maîtres de toutes les régions, ont été actifs durant cette période pour la cour et l’aristocratie. L’icône représentant « Saint Jean l’Evangéliste à Patmos » (14) est un très bel exemple de l’art de Moscou du premier quart du XVIIème siècle, destinée à la dévotion personnelle, elle a probablement été réalisée pour un commanditaire éminent. L’art de Moscou à cette époque se distingue par une technique exceptionnelle, un dessein d’une grande élégance, une palette riche et dense.
Au cours de la seconde moitié du XVIIème siècle, les maîtres du Palais des Armures introduisent dans l’art iconographique traditionnel des éléments de la peinture occidentale. Deux icônes provenant de ces ateliers « Saint Nicolas le Thaumaturge » (37) et le « Christ Pandokrátor » (59) illustrent parfaitement cette approche esthétique, la finesse du dessin et l’utilisation des matériaux précieux par les maitres du palais du tsar.
Les villes de la Volga
Les iconographes de Moscou ont une large influence sur les peintres des provinces, la grande icône d’église la « Naissance de la Vierge Marie » (18) du premier tiers du XVIIème siècle, originaire de Russie Centrale en est un excellent exemple. Elle est très proche stylistiquement, particulièrement par les éléments architecturaux, de l’icône conservée dans la collection du Musée Roublev, peinte durant le règne du tsar Boris Godounov pour l’église dédiée à la Naissance de la Vierge à Mourom.
Du premier tiers du XVIIème siècle, date également la « tabletka » (16) représentant L’Ascension du Christ et le « Christ parmi les docteurs ou Mi- Pentecôte » originaire de Russie Centrale. Ces icônes de dimensions réduites, peintes sur les deux faces d’une toile enduite de levkas, étaient destinées à être exposées sur un lutrin au centre de l’église le jour de la célébration de la fête correspondante. Elles servaient également de modèles, étant très fragiles, un très petit nombre de ces pièces a été conservé
L’importance et la signification de la collection sont également soulignées par la présence d’icônes signées et datées, ce qui est rarissime dans le domaine de l’iconographie russe.
Durant la seconde moitié du XVIIème siècle, d’importants centres artistiques fleurissent dans la région de la Volga, particulièrement dans les villes très commerçantes comme Iaroslavl et Kostroma. De nombreuses icônes exposées, « Le Baptême du Christ», « Le Synaxe de la Vierge Marie », «  La Sainte Face » du troisième quart du XVIIème siècle, illustrent les caractéristiques de l’école de Iaroslavl de cette époque – composition très expressive, finesse des détails,  paysages fantasmagoriques.
L’art iconographique du Nord de la Russie comprend les icônes telles que l’« Apparition de la Vierge Marie à Saint Serge de Radonezh », «  Trinité Vétérotestamentaire », « Déisis », «  Décollation de Saint Jean Baptiste, « Annonciation ». Ces œuvres se distinguent par un support en bois plus brut, l’approche stylistique simplifiée, une gamme chromatique plus restreinte. Souvent l’exiguïté des églises en bois, obligeait les iconographes de représenter plusieurs sujets sur la même icône. En témoignent deux « Déisis » du XVIIème siècle. La première est particulièrement intéressante par la présence des Saints vénérés dans le Nord, Saint Zosime et Saint Sabbati des Iles de Solovki et le Bienheureux Aleksander Oschevetski, dont la présence indique parfaitement l’origine géographique de l’icône. Elle a probablement, été peinte dans les environs de Kargopol, où se trouve le monastère fondé par ces trois Saints.
La tradition artistique de la seconde moitié du XVIIème siècle s’est maintenue au cours des siècles suivants à travers des œuvres de grande qualité artistique telles que la « Vierge de la Passion », « La Vierge de Vladimir », l’icône représentant les Saints Métropolites de Moscou, datée 1702. L’icône de la Vierge de Vladimir est ornée d’une riza brodée de perles et de pierres précieuses. Les revêtements de ce type sont rares, et très peu sont conservés, de ce fait, ils sont très importants pour les chercheurs et les collectionneurs.
Palekh et Mstiora –deux villages artistiques
Le XVIIIème siècle apporte de nombreux changements stylistiques dus à l’influence de la peinture occidentale diffusée à travers les bibles illustrées et les gravures, « Saint Jean le Guerrier » (80) en est un excellent exemple. L’iconographie traditionnelle a cependant été conservée à travers les œuvres créées dans les centres iconographiques appartenant aux vieux-croyants : Vygozero (Carélie), Viatka, Palekh, Kalouga, Pavlovo-sur-Oka, Neviansk (région d’Oural), comme l’illustre une rare icône datant du troisième quart du XVIIIème siècle, de Neviansk, représentant la « Vierge Hodiguitria avec les Saints choisis » (47). Les icônes figurant les Saints russes, souvent représentes dans leur habitat, sont très recherchées, la collection comprend plusieurs représentations du Bienheureux Macaire de Zheltovodie.
L’iconographie du XIXème et du début du XXème siècle est représentée en majorité par des œuvres des centres célèbres, notamment Palekh et Mstiora, villages de peintres d’icônes dans la région de Vladimir. L’art de Palekh est à son apogée au cours du premier quart du XIXème siècle. La collection comprend plusieurs œuvres de cette période, parmi elles « La Résurrection du Christ avec les Fêtes », le thème favori des maitres de cette école, dont le style se distingue par une technique aboutie et minutie du détail. Elle a conservé l’amour de la miniature, des silhouettes allongées, paysages fantasmagoriques, l’architecture très ornementée, inspirée par l’art des Stroganov du XVIIème siècle.
Au cours de la seconde moitié du XIXème siècle, les maîtres du Palekh et de Mstiora font évoluer leur style avec l’emploi de couleurs vives et l’utilisation de l’or pour les ornements, tout en conservant le goût pour la miniature. A la fin du siècle de nombreux maîtres ouvrent des ateliers à Moscou, où selon les souhaits de leurs commanditaires, ils travaillent dans différents styles : de Moscou, Novgorod, Stroganov, grec …
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