DIMANCHE DU FILS PRODIGUE: MONSEIGNEUR MARC CÉLÉBRA LA LITURGIE EN LA CATHÉDRALE

PARIS, le 8 février 2026 – En ce dimanche du fils prodigue et fête des nouveaux martyrs et confesseurs de l’Église russe, Son Éminence Marc, métropolite de Riazan et de Mikhaïlov, administrateur de l’Exarchat patriarcal en Europe occidentale et du diocèse de Chersonèse, a célébré la Divine Liturgie en la cathédrale de la Sainte et Vivifiante Trinité à Paris.
Le hiérarque était entouré du : par le prêtre Maxim Politov, secrétaire de l’administration diocésaine, ainsi que du clergé de la cathédrale.
La Liturgie fut célébrée en slavon et en français.
Pendant l’office, des prières particulières ont été élevées pour le repos des âmes des hiérarques, clercs, moines et laïcs « martyrisés et tués durant les féroces persécutions par les impies, morts de faim, de froid, de blessures, de maladies, ou sous le poids des travaux forcés dans les camps, les prisons et les geôles ».
À l’issue de la Liturgie, Son Éminence Marc s’est adressé aux fidèles avec une homélie archipastorale :
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit !
Dans l’Évangile d’aujourd’hui, la Sainte Église nous propose l’image admirable du fils prodigue. C’est une image immortelle, qui depuis des siècles inspire nous tous, pécheurs, au repentir.
On peut dire que le fils prodigue représente toute l’humanité, qui s’est éloignée de Dieu, mais qui revient peu à peu vers Lui. Mais aussi que ce fils prodigue, c’est chacun de nous. Car chacun a connu, ou connaît, non seulement l’élan vers Dieu, mais aussi l’expérience de l’éloignement.
Ce récit concerne autant l’homme individuel qu’un peuple tout entier, une nation entière.
Depuis des siècles, les hommes cherchent à suivre le Christ, mais ils Lui résistent parfois. C’est aussi l’expérience de la Russie : la foi au Christ y a longtemps été le fondement qui unissait les gens ; c’est grâce à cette foi qu’est née la Russie comme peuple et comme nation. Et pourtant, soudainement, les autorités ont tourné le dos à Dieu – non pas en L’oubliant seulement, mais en persécutant activement ceux qui se nommaient chrétiens.
Aujourd’hui, nous célébrons la mémoire de tous les nouveaux martyrs et confesseurs de l’Église russe, et nous prions aussi pour ceux qui n’ont pas été canonisés, mais qui ont souffert durant ces années terribles de persécution – années que nous avons peine à imaginer. Tous ont souffert, mais ont cru au Christ, portés par l’espérance en Dieu.
Un hiérarque, ordonné évêque dans les années difficiles après la révolution, dépouillé de tout et considéré comme un homme « de seconde zone », écrivait à ses proches à Saint-Pétersbourg, en réponse à la question : « Comment vas-tu ? » Lui, élevé dans la brillante capitale impériale, répondit : « Je vais comme avant, mais je me sens cent fois plus heureux. » Le Seigneur lui avait donné la grâce de vivre la souffrance comme une grande récompense.
Parmi les nouveaux martyrs se trouvent toutes sortes de personnes : ceux qui cherchaient sincèrement à croire, mais aussi ceux, comme nous tous, qui n’étaient pas exempts de chutes. À ce sujet, je veux rappeler un fait bouleversant. Un groupe de croyants fut emmené sans savoir où, puis ils comprirent : ils allaient être fusillés. L’un des clercs, réalisant cela, dit ces paroles étonnantes : « Seigneur, je ne suis pas digne d’être martyr ! » Ces mots nous rappellent la parabole d’aujourd’hui, où le fils disait : « Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils, traite-moi comme l’un de tes ouvriers » (Lc 15, 19). Ce prêtre disait de même : « Seigneur, je ne suis pas digne de verser mon sang pour Toi, pour le Christ ! »
Parmi les nouveaux martyrs et confesseurs de l’Église russe, nous trouvons des exemples étonnants de fidélité et de vie en Christ. Leur témoignage surpasse, en intensité, bien des récits de l’histoire de l’Église.
Aujourd’hui, nous glorifions leur mémoire, nous les prions, pour que par leur intercession, le Seigneur fasse redresser la Russie et accorde une paix solide et inviolable à tous les peuples de son territoire.
Nous n’avons pas encore totalement surmonté les conséquences de cette tragique séparation d’avec Dieu, qui a conduit à l’apparition de milliers de nouveaux martyrs et confesseurs. Dans ce monde de péché et de passions, tout est complexe. Mais Dieu est prêt à accueillir la repentance de chacun – à l’accueillir en oubliant nos fautes.
Souvent, chacun de nous, chers frères et sœurs, se demande : le Seigneur me pardonnera-t-Il ? Mais Il y répond Lui-même dans la parabole. Souvenez-vous : que fit le père en voyant revenir son fils ? Il dit : « Apportez le plus beau vêtement et habillez-le » (Lc 15, 22). En français, on traduit « le plus beau », mais en grec ancien, il est écrit : « le premier vêtement » (ἐστολὴν τὴν πρώτην). Et cela est essentiel : ce premier vêtement est celui que le fils avait souillé en partant vivre dans le péché. Cette expression – « premier vêtement » – signifie un pardon total : le père ne tient aucun compte de la trahison, il restitue pleinement à son fils sa dignité.
Ainsi en est-il pour chacun de nous : lorsque nous levons les yeux vers le ciel et retournons à Dieu, Il ne fait pas qu’accepter notre repentir – Il pardonne totalement, oubliant tout ce qui fut. Il nous pardonne, nous pécheurs, par Son immense amour. Amen.





