Cathédrale de la Sainte-Trinité
DIOCÈSE DE CHERSONÈSE. Église ORTHODOXE RUSSE. PATRIARCAT DE MOSCOU
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Ni la mort ni le tombeau n’ont pas pu retenir Celle qui ne se lasse pas prier pour nous

Le vendredi 28 août 2020, la fête de la Dormition de la Mère de Dieu, lors de la Divine Liturgie célébrée en la cathédrale de la Sainte-Trinité père Georges Sheshko a prononcé une homélie.

Bien-aimés en Christ frères et sœurs, chers amis.

Ce soir l’Église orthodoxe (du moins sa partie suivant le calendrier julien) se prépare pour la grande fête (une des douze les plus importantes) à savoir celle de la Dormition de la Mère de Dieu. 

Les paroles vivifiantes que « ni la mort ni le tombeau n’ont pas pu retenir celle qui ne se lasse pas prier pour nous » et que « la Mère de Dieu n’a pas abandonné le monde dans sa Dormition » retentiront solennellement dans beaucoup de monastères, d’églises et de chapelles. Certaines paroisses célébreront le rite émouvant de la mise au tombeau de l’épitaphios (linceul) de la Vierge.

La Dormition de la Mère de Dieu, ainsi que les autres fêtes mariales, commencent à être célébrées liturgiquement seulement à partir du V siècle. Cette instauration tardive est due avant tout aux controverses christologiques visant à établir et à formuler théologiquement qui est notre Sauveur et Chef unique de l’Église. Et c’est uniquement après avoir trouvé un fragile équilibre dogmatique sur la question comment le divin et l’humain cohabitent en Christ, le regard interrogateur des Pères de l’Église se porte sur la personne de la Vierge Marie.

La réflexion de l’Église sur la Mère de Dieu connaît un véritable essor suite au III Concile œcuménique d’Ephèse (431) et à l’aveu sincère d’Epiphane de Salamine, évêque du Chypre (403) qui se disait ne posséder aucune information sur le sort de la Mère de Dieu après la passion et la résurrection salutaires du Christ.

Selon les recherches des spécialistes de l’histoire ecclésiastique, il existait deux dates de célébration de la Dormition : celle de Constantinople et d’Antioche d’un côté et celle de Jérusalem. La première fixait la date de fête au 6/19 janvier (le jour de la fête de Théophanie) alors que la deuxième hiérosolymite la célébrait 15/28 août.

C’est uniquement à la fin du VI siècle, par la haute décision impériale du basileus Maurice, ultérieurement canonisé par l’Église, que cette divergence a été surmontée et tranchée en faveur de la tradition de Jérusalem. 

Demain le jeûne de Dormition s’achèvera ainsi que s’achévera sous peu l’année liturgique. Les fêtes de la Dormition et de la Nativité de la Mère de Dieu encerclent en quelque sorte notre cheminement liturgique annuel.

La fête de la Dormition incite à rester dans le calme et dans les réflexions sur la modestie, sur l’humilité et sur l’éducation des enfants, les vertus que la Vierge Marie a acquise de façon exemplaire. 

Bonne fête de Dormition de la Très Sainte Mère de Dieu à vous tous !

Tropaire, ton 1 :

Dans ton enfantement tu as gardé la virginité, dans ta Dormition tu n’as pas quitté le monde, ô Mère de Dieu. Tu as rejoint la Source de vie, toi qui conçus le Dieu vivant et qui délivres nos âmes de la mort par tes prières.

Kondakion, ton 2 :

La Mère de Dieu qui jamais ne se lasse d’intercéder pour nous et dont la protection ne pouvait cesser d’être notre espérance ne se laissa vaincre par la mort ni le tombeau, puisqu’elle est la Mère de la Vie et qu’elle a rejoint la Source de la vie : celui qui demeura dans son sein virginal.